
Mon chemin de la Tour à la renaissance
Le 16 février : le signal d’alarme du corps
Le 16 février est un jour important pour moi, voire LE plus marquant de ma vie. Il y a 10 ans tout pile, je me suis levée le matin et me suis dirigée vers la cuisine pour préparer un petit-déj. En m’asseyant sur ma chaise haute, une oppression gagna ma poitrine, puis de l’angoisse, puis des larmes, puis de la panique. Vissée sur ma chaise, plongée dans l’incompréhension de ce qui m’arrivait, je ne me doutais pas que j’allais vivre, dans la douleur certes, le plus grand tournant de ma vie.
Remettons le contexte : j’allais avoir 30 ans en mai. Je travaillais dans le médical comme assistante en soins. C’est un métier que j’exerçais depuis mes 20 ans, après 3 ans de formation, et je n’y trouvais plus mon compte depuis longtemps.
Aider les gens, les soutenir dans les moments difficiles me plaisait, mais le système médical ne me convenait pas. Trop de rentabilité, trop d’informatique, trop de protocoles qui me coupaient du contact humain. Cela faisait des années que je voulais arrêter mais pour faire quoi ? En sortant de l’école, j’ai directement plongé dans ce métier et je n’avais jamais fait que ça. Je me sentais bloquée dans les possibilités de changement alors je restais. Je me levais chaque jour avec un boulet au pied en ignorant tous les signaux évidents : fatigue intense, perte de moral, kyste au poignet qui symbolisait un besoin de changement, etc.
L’éveil de la conscience face à l’épuisement professionnel
Ce matin-là, rien de plus ni de moins à mon réveil jusqu’à ce que je m’installe sur ma chaise. Les angoisses, je connaissais, mais jamais une panique de cette intensité. Souffle bloqué et une tristesse infinie qui m’enveloppa au point de m’oppresser la poitrine. En panique, j’appelle mon médecin. Elle me dit de prendre un Temesta, de rester à la maison et on a pris rendez-vous pour le lendemain, première heure. Appel suivant, mon chef. Quel malaise lorsqu’il me demandait ce que j’avais et que je devais répondre : aucune idée, mais c’est la panique. Il a dû se dire que j’étais une flemmarde qui voulait zapper son service, mais peu importe…
La semaine fut si compliquée. Je naviguais entre cette tristesse, nouvelle et envahissante, qui me faisait pleurer devant un papier qui tombait et cette sensation de me perdre dans les méandres de la dépression et du gouffre dans lequel je tombais en continu. J’avais du caractère mais c’était plus fort, beaucoup plus fort.
Ma mère me donna le numéro d’une amie thérapeute qui pouvait m’aider et elle me tendit la main. Rendez-vous tous les deux jours, soutien constant… elle a été plus qu’une bouée, elle m’a sauvée et m’a aidée à lâcher prise, remettre ma tête en ordre et dégager les parasitages qui m’empêchaient de voir le chemin.
Tarot et psychologie : le message de la Mort et de la Tour
Je savais qu’il fallait arrêter ce job mais comment ? Je me disais que je pouvais diminuer mon pourcentage et trouver autre chose mais quoi ? En 10 jours, une phrase est venue maintes fois à mes oreilles : Parfois il faut totalement fermer une porte pour qu’une nouvelle s’ouvre.
Ouais, sympa mais bon… en pratique c’est plus compliqué.
La carte de la Mort tirée le premier jour chez ma thérapeute était évidente. Mettre à mort quelque chose de manière radicale pour pouvoir avancer. Je comprenais bien le message mais difficile de le mettre en pratique.
La semaine suivante, les soins m’aidant, je me sentais plus légère et j’ai décidé de démissionner. Ce qui me paraissait comme une épreuve il y a tout juste une semaine devint une évidence. Ce qui est dingue dans ce genre de situation, c’est qu’au fond on a toutes les réponses. On SAIT les choses mais nos conditionnements nous empêchent de laisser ces réponses s’imposer.
Dans le tarot, la carte de la Tour représente la déconstruction des croyances. Cela peut être dû à l’éducation, la religion, au cadre sociétal, peu importe, et là je vivais ma carte de la Tour. Je savais que je devais démissionner mais le plus dur était de me libérer de cette phrase incrustée dans ma tête par ma mère : tu ne quittes jamais un travail tant que tu n’en as pas un autre.
Dépasser les injonctions sociales et familiales
Certes c’est un bon conseil mais dans cette situation il ne pouvait pas m’aider et, au contraire, me bloquait complètement. Croyez-le ou non, mais le plus dur dans le fait de démissionner a été de déconstruire cette croyance. Je me suis rendue compte à ce moment-là de l’importance des choses qu’on nous inculque et à quel point il est compliqué de s’en défaire une fois adulte si elles ne correspondent pas à notre personne.
L’éducation est bien sûr nécessaire pour nous donner de bonnes bases, mais c’est une forme de programmation qui peut sacrément nous gâcher la vie plus tard. Combien de femmes ont des enfants alors qu’au fond ce n’était peut-être pas vraiment ce qu’elles voulaient ? Beaucoup, je l’entends régulièrement. N’en voulant pas moi-même, je dois être une oreille capable de l’entendre et on me le confie souvent. J’ai pu le remarquer dès mes 30 ans quand on comprenait que je n’étais pas mariée et sans enfants. « Mais euh, vous faites quoi de votre vie ? » Et oui, je l’ai entendu souvent, ce qui me ramenait à ces conditionnements sociétaux terribles qui peuvent totalement nous éloigner de qui on est.
Reconversion réussie : l’ouverture de ma boutique à Martigny
Revenons à mes 30 ans. La démission fut postée le 28 février. Ma maman de cœur passa me voir et elle me posa une question : Dans un monde utopique où tout est possible, qu’est-ce que tu aimerais faire ?
Je lui ai répondu du tac au tac, me surprenant moi-même : une boutique. Une boutique avec des vieux meubles, des chaudrons et je voudrais préparer des produits pour aider les gens qui en ont besoin. Qu’ils viendraient me voir et que je pourrais les aider grâce à la nature, la magie et les plantes.
Et où tu la verrais ? me dit-elle.
« Au bourg à Martigny » est sorti de ma bouche, ce qui était surprenant car ce n’était pas un endroit que je fréquentais habituellement. Si j’avais su que ma seconde boutique se trouverait là-bas et que j’y serais encore maintenant.
En y repensant, tout n’était qu’un enchaînement bien rodé totalement ingéré de ma part. C’est là et j’étais comme un pion qui avançait sur un chemin déjà tracé, comme si, n’y arrivant pas par moi-même, on m’avait pris la main pour m’y tirer.
Je m’étais inscrite en décembre, donc bien avant tout ça, pour une formation pro de cosmétiques naturels en avril. Après avoir parlé avec ma maman de cœur, je me suis rendue compte que c’était une bonne base de démarrage pour une boutique, mais où ? Et comment sans un sou en réserve ?
Quelques jours plus tard, ma mère passa me voir. J’étais bien plus stressée de lui annoncer ma démission sans projet d’avenir que par le fait de démissionner. Je m’attendais à un référendum interminable mais elle a réagi en me disant que c’était une bonne idée et qu’elle me laissait utiliser la moitié de sa librairie pour installer ma boutique et me permettre de démarrer. Non mais !!! Je n’en revenais pas.
Gratitude et résilience : 10 ans de transformation
Ce qui fait que le 26 mai fut la date de l’ouverture de ma boutique ET de mes 30 ans.
Avec le recul, je suis encore surprise du déroulement des choses. Le 16 février fut le pire jour où j’ai eu l’impression de perdre mon âme, ma personne et de sombrer moi-même dans un trou et le 26 mai fut le plus beau jour en ouvrant la boutique qui fête cette année ses 10 ans d’existence.
Je bénis ce burn-out foudroyant. Je remercie les personnes qui m’ont tendu la main et qui m’ont aidée à (re)trouver ma route. Les pires moments qu’on vit ne sont en fait que des déclencheurs qui nous poussent vers un meilleur alignement. Quand on n’y arrive pas par soi-même, la vie s’en charge et c’est plutôt dans la douleur, mais au moins c’est radical. Les relations qui se terminent, les épreuves, nous rappellent que rien n’est figé et que nous sommes en évolution constante. Si ces événements arrivent, c’est qu’ils sont nécessaires. Lorsque les personnes que j’accompagne en soin ou mon entourage vivent ce genre de moment, j’essaie de leur montrer le positif, de mieux comprendre pourquoi ils vivent ça, notamment avec mon tarot. Sur le moment, on ne voit rien du tout mais les épreuves de la vie nous permettent de nous aligner. Depuis 10 ans, j’essaie de les relativiser et de les comprendre plutôt que de les subir. Du moment qu’une émotion est entendue, elle s’apaise et ça fonctionne aussi pour ces moments.
Pour les 10 ans de ma nouvelle vie et les 10 ans de la boutique, j’avais envie de vous partager ces souvenirs car j’entends si souvent des personnes vivant des situations similaires et j’ai juste envie de leur dire : la souffrance est énorme mais remerciez, car vous vivez là une étape de transformation radicale vers un futur plus aligné, plus harmonieux et qui vous correspond mieux.
📸 Texte et photo: Francesca
Merci à Francesca de l’Échoppe d’Avalon pour ce texte inspirant.
En complément, nous vous invitons à écouter ou réécouter les épisodes en rapport avec l’histoire de Francesca ainsi que le Tarot..
Bonne écoute !
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